Le griot, le psychanalyste et le cinéma africain

Collection psychanalyse et traditions Les Cahiers du GRAPPAF (Groupe de Recherche et d’Application des Concepts Psychanalytiques et Psychiatriques en Afrique Francophone), L’Harmattan

Email : GRAPPAF@wanadoo.fr

In : Nervure, septembre 2004, n°6

www.nervure-psy.com

Le griot, comme les mythes, a « le pouvoir normatif de fixer les coutumes, de sanctionner les modes de conduite, de conférer de la dignité et de l’importance aux institutions » (Malinowski). En Afrique de l’ouest, en pays mandingue, wolof ou serer, les traditions orales sont transmises par une caste qui en est dépositaire : celle des namakalas dont font partie les griots. L’origine des griots fait l’objet de plusieurs hypothèses. Pour Ch. Moteil, ils descendraient de berbères judaïsés ayant fui le Maghreb, pour Mahmoud Kâti ils viendraient de serfs des empires Kayamaga et Songhaï…, rien ne semble moins sûr.

Le griot, de par sa légende fondatrice, est un intouchable. Il est celui qui « chante », comme Homère, la cosmogonie, les histoires et légendes qui constituent le patrimoine avec les traditions de ces sociétés. N’existant pas dans notre culture, cette place chez nous est éclatée. C’est « un condensateur de jouissance », comme Y. Kaufmant le démontre. Dépositaire, transmetteur des traditions, véritable bibliothèque vivante, il accompagne les rituels de guérison comme le N’Doëp en pays wolof.

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