SUBTILITES DE LA TRADUCTION – Exemple du hongrois

Par Andrea JÁNOSI

Introduction – finalités, choix du texte

1. Aspect théorique – notions de la traduction

2. Texte original en hongrois

3. Traduction large – sens générale

4. Traduction mot à mot de la nouvel

5. Problématique de la traduction – remarque morphologique, syntaxique, sémantique, culturel, phonologique

6. Traduction littérale – approche de la littérature française

Conclusion – l’apport de l’expérience

Introduction

Notre travail dans ce module de littérature comparée a pour finalité la traduction d’un texte, en prose, écrit en langue source (hongrois) à la langue cible (français).

Le texte est tiré d’un roman pour le jeune public, qui peut correspondre à un recueil de nouvel, parce que chaque partie est structurée de façon compréhensible séparément. Nous avons choisi de traduire, la dernière page de la huitième partie sur vingt trois : « Az utolsó öltés » du livre « Kincskeresö kisködmön ». Nous n’avons pas trouvé de traduction française préalable.

L’auteur Ferenc Móra (1879-1934) est l’un des écrivains hongrois les plus représentatifs de la littérature vaste hongroise, reconnu déjà dans son époque. Le lecteur se réjouit de sa sérénité, il sourit en le lisant, même si c’était une tragédie. Si la littérature suscite du respect, Ferenc Móra mérite les premières places. Dans sa carrière, il démarre comme poète, mais il se définie romancier, nouvelliste, auteur dramatique et publiciste. Dans ses écritures, il est présent une/la modestie ravissante, en même temps qu’un fort masculinité qui ne négocie pas. Il introduit en douce/passe en fraude de la satire politique dans ces histoires plus en plus reconnues. En plus de ça, on peut le qualifier l’un des plus grands écrivains hongrois de la jeunesse. Un après l’autre, apparaissait ces œuvres dans la capitale. Après sa mort, il est et reste un classique national, qui non seulement est respecté, mais on le lit dans de larges milieux.

L’extrait est issu de son œuvre de caractère autobiographique de la littérature infantile classique hongroise (destiné au moins jeune public). Il est le fils d’un père pelletier avec des difficultés financières constantes, famille qui garde les traditions de la Révolution de 1848. Dans son style imagé, l’auteur raconte la charmante histoire de l’enfance au nom du garçon (première personne, singulier), laquelle pourrait correspondre à n’importe quel enfant de son époque. L’étudiante hongroise l’a choisit pour profiter de partager ses expériences agréables et touchantes à cette occasion.

- 1.Aspect théorique – notion de la traduction

Définition de la traduction : la traduction consiste à faire passer un message d’une langue de départ (langue source) dans une d’arrivée( langue cible) ce terme désigne à la fois l’activité et son produit ».

- 2.Le texte original en hongrois

MÓRA FERENC

KINCSKERESO KISKÖDMÖN

Az utolsó öltés

[…]

Utoljára rákerült a ködmönre az öreg malomház is a félrecsapott süvegével.

– Ez azért van, hogy akármerre jársz-kelsz a világban, mindig a szülõházadban melegedj – nézett rám apám a sugárzó barna szemével, amelybõl úgy áradt a meleg, mint a napvilágból.

Hanem a ködmöntündér csak nem mutatkozott, akárhogy lestem. Pedig a hajnali csöndben sokat kikukucskáltam a homlokomra húzott paplan alól, de csak õket kettejüket láttam, amint a gyönge mécsfénynél szótlanul öltögettek a ködmönön. A lefoszlott selyemszõrök úszkáltak körülöttük a levegõben, a mécsfény beszivárványozta õket – láthattam volna gondoktól barázdált, mégis szelíd mosolyú fejük körül a glóriát.

De én csak azt láttam akkor, hogy lassan készül a ködmön, amelynek el kell szakadni, hogy engem kincses nagy úrrá tegyen. Türelmetlenül kérdeztem, mi híja van még.

– Még csak a gombot kell megcsinálni – csitított apám.

A gomb is a magunk termése volt. Az udvarunk eperfájának ágából faragta apám, és bevonta zöld szegõvel.

– Ez lesz az utolsó öltés – mondta mosolyogva -, hívd be csak anyádat, õ hadd adja rád elõször.

Anyám a kertben gyomlálgatott, lelkendezve hívtam be. Nem akartam elszalajtani a tündért, aki ott lebeghetett már valahol a mûhelypad körül.

– Mindjárt, gyerekem – szólt vissza szülém -, csak ez az egy-két szál csikófarok van még, ezt már nem hagyom itt. Inkább gyere te is, lelkecském, majd hamarabb kiszaggatjuk.

Nem telt bele egy fohászkodásnyi idõ, amikor összefogódzkodva, nevetgélve beléptünk a szobába.

– No, megvan-e már az utolsó öltés ? – csacsogtam már a küszöbön.

Az utolsó öltés már megvolt, de Márton szûcs azt már nem mondta meg. Szép nyugodtan ült a padon, a feje egy kicsit csak vállára billent, az ajkára egy kicsi selyemszál tapadt, ahogy a fogával tépte el a cérnát az utolsó öltés után.

Sikoltva térdepeltünk elé, és csókoltuk lecsüngõ kezeit, melyekkel gyöngéden tartotta a térdeire leterített, teljesen kész ködmönt. Jobb keze még mozdult egyet, a szeme mintha rebbent volna még, s térdeirõl a ködmön lecsúszott a vállamra.

[…]

“A tündérek a szívben laknak, azt mondta apám. Most az õ szívébõl kiköltözött a tündér, és beleköltözött a ködmönbe” – ezt gondoltam magamban, és azt hittem, hogy ez nem is lehetett volna másképp.

[…]

- 3. Traduction large – sens générale

Le texte raconte l’histoire d’une petite famille villageoise, composée du père, de la mère, et du petit garçon.

Cette histoire tourne autour d’un événement qui fut « féerique » pour Gergö, son père lui prépare un manteau de fourrure, dont il mit tout son amour, décoré avec la vielle maison de moulin et des boutons fabriqués à partir du mûrier du jardin. Le petit garçon était impatient jusqu’au point, où le temps lui devint interminable.

Assis dans son coin, attendant que son père achève le manteau, le voila s’imaginant dans un monde irréel, les fées n’apparaissent toujours pas , et pourtant lui, il est là.

Au dernier point de couture son père lui demande que ça soit sa mère qui lui met la veste en premier. Juste le temps d’aller la chercher, le père s’est éteint, le manteau entre ses mains. Le voyant immobile, ils poussèrent un cri déchirant et c’est à ce moment-là que la fée tant attendue apparaît et emménageait dans son nouveau manteau.

- 4. Traduction mot à mot

FERENC MÓRA : LA TUNIQUE AUX TRÉSORS

Le dernier point de couture

[…] Sur la dernière, parvenait dessus la tunique/veste-de-berger, la vielle moulin maison aussi penchée sur-le-côté avec sa toque.

– Ceci pour cela est, que n’importe où tu ailles-viens dans le monde, toujours dans ta natale-maison tu (te) réchauffes, – regardait sur moi mon père avec son œil brun, duquel tant émanait la chaleur, comme de la soleil-lumière. Sinon la tunique-fée seulement ne se présentait, de toute manière je guettais. Pourtant dans le silence de l’aube beaucoup je guignais vers l’extérieur en dessous du couvre-pied tiré sur mon front, mais que eux deux j’ai vu, comme à la faible veilleuse-lumière, mot-sans, faire des points, sur la tunique. Les soie-poiles s’en dégarnis, nageaient autour d’eux dans l’aire, la veilleuse-lumière les a rendu-dans-des-couleurs-de-l‘arc-en-ciel – j’aurais pu voir de soucis sillonné, toutefois de sourire apprivoisé autour de leur têtes l’auréole.

Mais moi, j’ai vu seulement cela alors, que lentement se prépare la tunique, pour laquelle il faut se déchirer, pour qu’avec trésor grand seigneur me fasse. Sans-patience j’ai demandé, quoi il y a lui manquant encore.

– Encore seulement le bouton il faut faire – me calmait mon père. Le bouton aussi le notre récolte était. La notre cour du fraisier de la branche a taillé mon père, et l’entouré avec vert tissu.

– Ceci sera le dernier point-de-couture – me disait en souriant -, qu’appelles à l’intérieur ta mère, elle, laisses, te mettre la première-fois.

Ma-mère dans le potager était en train de désherber, en enthousiasmé je l’ai appelée à l’intérieur. Je ne voulais pas laisser échapper la fée, celle qui là-bas devait flotter déjà quelque part, autour de la d’atelier-banquette.

– Tout-de-suite, mon enfant – me parlait en retour ma-metteurse-au-monde -, seulement ceci un deux fil de queue-de-poulain il y a encore, ceci déjà je ne laisse pas ici. Plutôt, viens toi aussi, mon-peti- âme, après plus vite nous les lacérerons.

Ce n’est pas passé un temps-d’oraison, quand étant-rallié-ensemble, en rigolant on a pénétré dans la chambre.

– Eh, voyons voir, est-il prêt déjà le dernier point de couture ? – je bavardais déjà sur le seuil de la porte.

Le dernier point de couture était déjà (fait), mais Martin pelletier cela déjà ne le disait pas. Il beau tranquillement asseyait sur le banc, sa tête un peu sur l’épaule droite était basculée, sur sa lèvre un petit soie-brin collait, tout-comme avec sa dent mâchait le fil après le dernier point de suture.

En-poussant-un-cri-déchirant, nous nous agenouillions devant lui, et nous embrassions pendues ses mains, avec lesquelles délicatement tenait, la, sur ses genoux étendu, tout à fait prête, tunique. Sa main droite encore bougeait une fois, son œil comme si avait sillonné encore, et des ses genoux la tunique est glissée sur mon épaule. […]

« Les fées dans le cœur vivent, cela m’a dit mon père. Maintenant de son cœur est dehors déménagée la fée, et à l’intérieur emménagée dans la tunique » – j’ai pensé dans moi, et je croyais, que ceci ne pouvait aussi pas être autrement. […]

- 5. Problèmes rencontrés au cours de la traduction ; phonologique, morpho-syntaxique, sémantique, culturel

Remarques phonologiques

Tout d’abord, à la lecture du texte, l’étudiante de langue non hungaro phone a tout de suite remarqué que le /r/ est roulé en hongrois et n’a pas de variantes libres, comme en français : [r], [ʁ], [R].

Ensuite, l’accent tonique en hongrois existe, il est pertinent dans la première syllabe du mot, quelque soit la longueur : « ö`sszefogódzkodva », main dans la main.

Remarques morphologiques

La langue hongroise est une langue de la famille finno-ougrienne. C’est une langue à cas, agglutinante à juxtaposition de monèmes. La fonction de monème est désignée par la déclinaison des noms, adjectifs, adverbes. Il n’existe pas de prépositions. Les terminaisons casuelles du hongrois correspondent aux préfixes du français. Tous les préfixes, prépositions, marques de possessif etc. sont des désinences casuelles à la fin d’un nom, adjectif, adverbe. A la traduction mot à mot nous devrions à chaque fois dire « la tuniquedessus », « cournotre » etc.non pas « sur la tunique », « notre cour » etc.

Par exemple, il y a le suffixe zéro du cas nominatif, donc cas non marqué avec le fonction de sujet : « meleg » c’est-à-dire chaleur. La terminaison « -t » signe la cas accusatif la fonction d’objet direct. Dans le texte : « öke-t » veut dire « eux ». Enfin, nous pouvons prendre les « -nak/nek », suffixes du datif, objet indirect ou complément de possession : « eperfájá-nak », qui veut dire « du mûrier ». Comme on peut remarquer dans l’exemple cité, le choix des suffixes dans la conjugaison, la « déclinaison » ou la dérivation est imposé par la nature des voyelles présentes dans le mot. La plupart des suffixes présentent ainsi deux formes, l’une avec une voyelle claire (voyelles d’avant e, i, ö, ü, é, í, ő, ű) et l’autre avec une voyelle sombre (voyelles d’arrière a, o, u, á, ó, ú), afin de s’accorder au phonétisme de chaque mot. Ici pour l’harmonie vocalique le choix tombe sur « -nak ».

Nous tenions de mentionner cette caractéristique du point de vue de grand nombre de cas. Certains cas hongrois ont un sens si précis qu’ils ne peuvent se combiner qu’avec un petit nombre de noms dans un emploi tout à fait spécifique. Il est discuté si les considérer comme des cas à part entière ou comme des suffixes de dérivation formant, à partir d’un nom, un adverbe. Certains linguistes rejettent l’utilisation de ce terme dans le contexte de la langue hongroise et de d’autres langues agglutinantes (finnois, estonien).

Tout de même, la traduction de cas nous n’a pas causé de difficultés exceptionnelles. Pour « utoljára », nous avons conclu « à la fin ».

En hongrois, il n’y a pas de genre. Donc, cela nous n’a posé aucune difficulté de traduire les noms, les pronoms, les possessifs et les adjectifs avec leur genre correspondant : « a ködmöntündér », la fée de la tunique ; « a gomb », le bouton etc.

Les mots signalés par un tiret, sont des mots composés à l’écrit, en hongrois. Souvent, l’adjectif est attaché au nom, on a éssayé de garder cet ordre à la traduction mot à mot, dans la limite de la compréhension : « napvilágból », qui est noté « de la solei-lumière ».

Concernant le prédicat, il n’y a pas de différant temps passés, c’est la même forme de conjugaison pour l’imparfait et passé composé, futur proche ou antérieur etc. du français. Le verbe hongrois se conjugue selon trois modes personnels : indicatif (présent, passé, futur périphrastique), conditionnel (présent, passé périphrastique), injonctif. Il existe plusieurs modes impersonnels, participes présent et passé/passif, gérondif, infinitif « -ni » : « megcsinalni » L’indicatif comptait également un deuxième passé dit « passé ancien », aujourd’hui archaïque ; il jouait face au « passé » le rôle du passé simple face à l’imparfait en français littéraire. Nous avons finalement opté pour le présent « van », est, pour le passé « áradt », imparfait « il dégageait », plus que parfait « j’avais beau guetté », passé composé « j’ai vu », selon les conventions de la langue cible.

Le pronom se connaît par la conjugaison, n’apparaît pas devant un verbe (surtout si c’est inanimé), seulement si le locuteur veut mettre accent d’importance dans son énoncé. Par exemple, « -tem » dans « lestem », se traduit en français par « passé + P1 », ce qui corresponderait pour la traduction littérale « j’avais guetté ».

Remarques syntaxiques

Nous n’avons pas pu respecter l’unité organique de la phrase : sa forme, sa longueur, en vue de meilleur appréhension d’un public français. Les longues phrases de la description des points de couture, nous avons évalué de couper en plus petits énoncés, en vue de meilleur entendement en français. Par exemple une proposition hongroise devien deux en français : « Pedig a hajnali csöndben sokat kikukucskáltam a homlokomra húzott paplan alól, de csak õket kettejüket láttam, amint a gyönge mécsfénynél szótlanul öltögettek a ködmönön. », Pourtant moi, dans le silence de l’aube, je guignais vers l’extérieur, en dessous du couvre-pieds tiré sur mon front. Et j’ai vu les deux mains de mon père qui, à la faible lueur de la veilleuse et sans un mot, faisait des points de couture sur la tunique.

L’un des caractéristiques de la syntaxe du hongrois c’est la non pertinence de l’ordre de mots dans la phrase, due au système casuel.

Par exemple, « Ez lesz az utolsó öltés. » pourrait parfaitement être dans un autre suite, en gardant la signification exacte : « Az utolsó öltés ez lesz. » ou bien « Ez az utolsó öltés lesz. » etc.

Pour la cohérence du français, nous avons respecté la pertinence de l’ordre sujet prédicat complément : il reste le bouton, et non pas le bouton reste.

Remarques sémantiques

Dans l’ensemble, nous avons essayé de garder le sens de mots, fidèle à la langue source. Les mots et notions composés en hongrois deviennent de mots simples ou séparés en français : « eperfájának », du mûrier, « ködmöntündér », la fée de la tunique, « szülõházadban », dans ta maison natale etc.

Cependant, pour la partie descriptive sur le travail des deux mains, dans la langue source il n’y a pas besoin de précision de quoi l’auteur parle, mais en français, nous devions le préciser pour la meilleure compréhension. Ici se lient les remarques culturelles.

Pour la mauvaise herbe traduit mot à mot « queue de poulain », nous n’avons pas retrouvé le mot correspondant du français. Nous avons décidé de garder la notion de mauvaise herbe.

Remarques culturelles

Bien que le texte parle d’une histoire ordinaire, qui pourrait arriver à n’importe quel enfants au monde, nous remarquons la partie qui décrit le travail de couture du père, il y a une métaphore sur ses mains avec aucune renvoie à la personne elle même. Néanmoins en français, nous avons opté de préciser que c’est sa tête qui est sillonnée de soucis, et non pas les mains.

Le mot lui-même « ködmön », est caractéristique à la langue. Parce qu’aujourd’hui, ce mot en français désigne un habit assez large mais fin, ou un chemisier féminin, et non pas une veste ou manteau de berger en fourrure. Ce mot du hongrois, dans le même temps, est en train de gagner la valeur des archaïsmes, mais il conserve le signification.

Il y a un expression inventée par cet auteur pour désigner la mère : « szülém », traduit par celle qui me mit au monde. En fait, la notion des parents est très importante dans la conception hongroise. On appelle mère « édesanyám », père « édesapám », en se referant aux parents biologiques, qui se traduirait « ma mère douce », « mon père doux ». Pour les notions de beaux parents, les expressions sont plutôt de sens négatif : « mostoha anya », « mostoha apa », ce qui veut dire mère ou père inique et marâtre !

Le texte dans sa globalité, ne véhicule pas une culture propre à la hongroise. Dans la vie de n’importe quel enfant dans le monde, pourrait se passer cette histoire.

- 6. TRADUCTION LITTÉRALE : une version destinée au public français

A la fin, sur la tunique était brodée la vieille maison du moulin, dont le toit penchait sur le côté comme une toque.

– Ça, c’est pour que partout où tu ailles dans le monde, tu te réchauffes toujours dans ta maison natale, mon père me regardait avec ses yeux bruns qui dégageaient une chaleur, telle la lumière du soleil.

J’avais beau guetté, la fée de la tunique ne se présentait toujours pas. Pourtant moi, dans le silence de l’aube, je guignais vers l’extérieur, en dessous du couvre-pieds tiré sur mon front. Et j’ai vu les deux mains de mon père qui, à la faible lueur de la veilleuse et sans un mot, faisait des points de couture sur la tunique. Autour, des files de soie s’en dégarnissaient et nageaient dans l’air. La lumière de la veilleuse leur donnait une couleur irisée. Dans toute cette beauté, j’aurais pu remarquer son front sillonné de ses soucis, mais la magie de son sourire faisait apparaître autour de sa tête une auréole.

Mais pour moi, il fallait beaucoup plus de temps pour achever la tunique, laquelle doit s’abîmer afin de porter chance. Impatient, je demandais ce qu’il restait encore à faire. – Il reste encore un bouton à coudre, disait mon père pour me calmer.

Même les boutons étaient de notre récolte. Mon père les avait sculpté dans des branches du mûrier qui se trouvait dans notre cours, et les ornaient d’un tissu vert.

– C’est le dernier point, m’avait dit mon père en souriant. – Appelles ta mère à l’intérieur. J’aimerai que se soit elle qui te la mette en premier.

Ma mère était en train de désherber dans le potager, lorsque, enthousiaste, je me suis précipité pour l’appeler. Je ne voulais pas laisser échapper la fée qui devait déjà flotter quelque part autour de la banquette de l’atelier. – Tout de suite mon enfant, me répondit celle qui me mit au monde. – Il ne me reste plus que deux files de mauvaises herbes, je ne vais pas les laisser ici. Viens plutôt toi, ma petite âme, nous les lacérons plus vite ensemble.

En deux temps trois mouvements, main dans la main et riants, nous sommes entrés dans la chambre.

– Voyons voir si le dernier point de couture est achevé, ai-je dis sur le seuil de la porte.

Le dernier point de couture était déjà fini, mais le pelletier Martin ne le disait pas. Il était assis tranquillement sur le banc, sa tête penchée sur l’épaule droite. Sur sa lèvre, un petit brin de soie s’était collé lorsqu’il l’avait mâché avec sa dent après le dernier point.

En poussant un cri déchirant, nous nous sommes agenouillés devant lui, et nous embrassions ses mains pendues qui tenaient délicatement la tunique achevée sur ses genoux. Sa main droite a bougé encore une fois, ses paupières comme si avaient sourcillé encore, et la tunique, de ses genoux, a glissé sur mon épaule.

Les fées dans le cœur vivent, me disait mon père. Maintenant, de son cœur la fée était partie pour s’installer dans la tunique. Je me suis dit, et je le croyais, que tout cela ne pouvait pas en être autrement.

- Conclusions

Une langue est un instrument de communication, certes, mais un instrument qui n’est jamais neutre, une langue véhicule la culture d’un pays, l’identité de son peuple. De plus, il est démontré par diverses études et recherches en ethnolinguistique que chaque langue à sa façon propre de catégoriser le monde et l’on est confronté par conséquent non à traduire une nomenclature de mots, qui devraient être l’équivalent de ceux de la langue source mais à traduire une vision du monde bien particulière. D’ou la nécessité d’avoir une connaissance culturelle de la langue traduite. Ceci dit, la description du hongrois ici proposée nous aura posé beaucoup de soucis dans divers points spécifiques à cette langue et à son système dont l’ordre des mots en premier lieu.

De manière générale, il est difficile de traduire de sa langue maternelle vers une langue étrangère. En situation normale, la traduction s’effectue d’une langue étrangère maîtrisée vers sa langue maternelle, là, où on se sent à l’aise avec les tournures de la langue. En outre, la traduction de la langue hongroise n’est pas évidente, vers les langues appartenantes à d’autres familles, romanes, germaniques ou slaves. Car il se trouve que la langue hongroise comporte une logique et style métaphorique et concis assez différent des langues citées.

Pour choisir de traduire un mot dont le signifié est différent d’une langue à une autre ce qui est le cas du mot « ködmön » qui veut dire un vêtement de berge, on a fait le chois du mot « tunique » qui veut dire essentiellement dans notre époque vêtement féminin, mais qui avait une autre signification dans l’antiquité un sens que le hongrois a justement gardé.

Nous pouvons considérer la traduction de ce texte réussite. Même si, la version française ne peut pas refléter totalement le charme et le caractère folâtre et joueuse, profond de ce morceau de la littérature hongroise.

Cette expérience nous a poussé à se poser énormément de questions sur les problèmes qu’on peut rencontrer dans le cas de la traduction, mais ne jamais oublier que sans elle les cultures resteront ignorées.


LES PRINCIPAUX ŒUVRES DE MÓRA FERENC

Aranykoporsó

Az aranyszőrű bárány

Beszélgetés a ferde toronnyal

A cinegekirály

A csaló

Csicseri történet

Csilicsali Csalavári Csalavér

Daru utcától a Móra Ferenc utcáig

A didergő király ; Kecskebál ; Csalimese

Dióbél királyfi : Egy öregember emlékei fiatal gyerekeknek

Az égbelátó

Egy cár, akit várnak : Elkallódott riportok

Elbeszélések

Az ember feje nem füge

A fele sem tudomány ; Utazás a földalatti Magyarországon

Georgikon : Nádi hegedű

Göröngykeresés ; Parasztjaim

Hannibál feltámadása

Hannibál feltámasztása

A hatrongyosi kakasok

Hol volt, hol nem volt

A honti igricek

Hoztam-e spanyolviaszkot ?

Igazlátók

Kincskereső kisködmön

Rab ember fiai

A kóchuszár

A körtemuzsika

Mindenki Jánoskája

Móra Ferenc levelesládája

Móra Ferenc válogatott elbeszélései

Négy apának egy leánya

Sétálni megy Panka…

Sokféle ; Utazás a föld alatt Magyarországon

A solymári csóka

Szegedi tulipános láda

Tápéi furfangosok

Titulász bankója

Úri kalap A vadember és családja ; Göröngykeresés és más csöndes történetek

Nádihegedű

Véreim ; Parasztjaim

A világ így megyen : Válogatott írások

Zengő ABC : Móra Ferenc verses ábécéje


Sitographie : http://mek.oszk.hu

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